Régime & Relation Toxique : le cocktail TCA.

Quand tu vois une instagrameuse souriante et pleine de vie sur les réseaux sociaux ou une jeune femme épanouie dans la vie de tous les jours... Tu es à mille lieux de connaître ce qu'elle (et parfois il) a pu traverser ! 


Je voulais vous parler d'un sujet qui me tient très à coeur : L'enfer des régimes et son impact associé à une relation toxique. Si tu es sur le point de faire un régime, prends le temps de lire cet article.

Voici mon témoignage :

Adolescente, après l'arrivée brutale de la puberté et son lot de surprises, j'ai pris du poids. J'ai alors entamé un premier régime. Ce régime a merveilleusement bien fonctionné. -5kg en 2 semaines, le corps n'avait pas été habitué à connaître le manque et la frustration, les résultats étaient alors probants.

L'euphorie générée par cette perte de poids, a encré en moi un sentiment de toute puissance, de contrôle de mon apparence et une satisfaction excessive de mon reflet mince dans le miroir. Ce régime marquait d'une pierre blanche : le début de mon enfer à vie.

En quelques mois après l'arrêt de mon régime, j'ai repris l'intégralité des kilos perdus, plus 4 supplémentaires. Mon corps frustré était déjà entré en guerre contre mon souhait de minceur, révolté à l'idée de connaître une nouvelle fois un manque.

Les Yoyos sont arrivés, de mes 14 ans à mes 19 ans, ma courbe de poids a fait les montagnes russes. La nourriture devenait obsessionnelle. Se contrôler, tenir, mincir, jouïr des résultats, craquer, grossir, culpabiliser, se contrôler, mincir...

C'est à cette même période que j'ai connu une relation amoureuse toxique et malveillante, dans laquelle j'étais tombée amoureuse d'une personne qui m'a manipulé (je ne rentrerait pas davantage dans les détails, simplement, j'étais très impliquée dans une relation où j'étais constamment mise en second plan et rabaissée), par honte et peur je cachais cela à mes proches et restait prisonnière de mon bourreau.

Cette relation a ainsi accentué mes troubles de "l'estime de soi" et m'a emprisonné dans une spirale très sombre. Je suis devenue, malgré moi et à petit feu, boulimique. Une réaction physiologique absolument normale, générée par le cerveau carencé et frustré de ne pas obtenir quotidiennement et régulièrement les protéines, glucides, lipides, vitamines, minéraux, dont il requiert pour fonctionner correctement. Une réaction psychique évidente au regard d'une estime de soi endommagée par une relation toxique.


La boulimie s'accompagnait de phases plus ou moins longues d'anorexie mentale, dans les périodes où mon esprit arrivait à puiser, au détriment des besoins du corps, suffisamment de volonté pour réussir à contrer les appels à l'aide des demandes primaires : se nourrir pour vivre. Je voulais maigrir de plus en plus, mon esprit et mon estime de MOI, me poussaient malheureusement à "disparaître".


La folie compensatrice... Après des phases d'anorexie mentale intenses, les crises de boulimie apparaissaient très violemment et régulièrement. Le cerveau et l'esprit cherchaient à compenser le vide nutritif et émotionnel dans lequel j'étais alors ligotée. Des années de remplissage et de compensation s'enchainaient. Tous les moyens étaient bons pour m'extirper des griffes de la culpabilité. Compenser la "surbouffe" par la pratique excessive de sport, la prise de compléments pharmaceutiques de type laxatif, la régurgitation...

Une honte accusatrice s'abattait sur moi et une peur panique de la nourriture s'installait. Je devenais une "handicapée de la vie", résistante à toute situation sociale festive ou de partage. J'avais l'impression de planer bien au dessus de moi-même, dans un désarroi solitaire et une sensation de : "je suis à côté de ma vie, je vis en surface de mon existence".

La dysmorphophobie s'installait aussi. Après des années de Yoyos, la déformation de la vision de soi a pris le contrôle de mon système visuel. En effet, j'avais beau mincir, maigrir, je me voyais de plus en plus grosse. Les tailles de pantalons devenaient des écrits sacrés, les pubs de compléments alimentaires minceur, des paroles divines, les icônes de mode dans les magazine, des prophètes et des gourous de la vérité. La fatigue s'emparait de moi après des années de lutte contre moi-même et d'obsession omniprésente.


J'ai eu la chance de croiser le chemin de LA personne. Cette personne qui a réussi à me faire comprendre et intégrer les mots suivants: "je t'aime pour TOI, pour ce que tu représentes réellement, pour qui tu es, au fond".


Il y'a également eu un déclic : celui de ne plus vivre cachée. De me dévoiler au monde, moi et mon problème, en parler : ne plus être seule. J'ai commencé à partager mes problèmes, à me réconcilier timidement avec mon images grâce à IG, ses posts, ses photos, ses shootings... J'ai aussi accepté d'entamer un travail sur ma relation à la nourriture, en acceptant petit à petit d'intégrer des aliments qui m'étaient jusqu'alors interdits. J'ai enfin et surtout pris la décision de faire des troubles du comportements alimentaires et de la condition des femmes, mon cheval de bataille.


Malgré tout, à ce jour, la nourriture continue d'être mon ennemie.

Je n'ai toujours pas réglé ma peur panique des repas de famille et n'arrive toujours pas à être indifférente à la vue d'un stand de beignets. Je suis toujours dure avec mon image et continue à lutter contre mes pensées négatives autour de la prise de poids. Je sais que ma MALADIE, même amoindrie, prendra toujours une place importante... Qu'elle bordera toujours mes pensées, d'idées aussi noires que malfaisantes. Que ce combat restera le mien jusqu'à ce que mon coeur ne cesse de battre.


Il y a un an, j'ai même découvert, grâce à mon endocrinologue, que j'étais atteinte du syndrome des OPK. Un dérèglement hormonal puissant, qui selon moi, prendrait sa source dans les épreuves difficiles que j'ai fait subir à mon corps pendant des années.  


Si je tire la sonnette d'alarme, c'est que je suis persuadée qu'il est possible d'endiguer ce fléau. Sans régime et sans relation toxique, je n'aurais jamais connu pareil enfer.

Si tu comptes démarrer un régime, s'il te plait, arrête-toi. Entame un rééquilibrage alimentaire. Ne rentre pas seul(e) dans une démarche de perte de poids.


Si tu es à ce jour conscient d'être enfermé dans une relation toxique, s'il te plait, parles-en. Entame des recherches autour de ce mal être profond qui te ronge, il existe une quantité incommensurables de clés qui te permettront de t'ouvrir à la voie de la libération.

Pour conclure, quelle que soit la nature de ta souffrance, il est impératif pour toi d'accepter d'en parler, de l'exprimer, de l'écrire, de sortir ces mots/maux. C'est simplement et uniquement à travers la voie du partage que j'ai réalisé qu'une issue était possible.


Hope & Life

Alice <3




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